Vue
d'ensemble

Technologie de l'information

Ce document a pour but d'offrir une introduction à la technologie de l'information médicale. La technologie de l'information médicale comporte une vaste gamme d'outils utiles pour la gestion de l'information. Certains outils sont remplacés suite aux progrès réalisés dans les domaines de la communication et de l'enregistrement électroniques. On se retrouve donc présentement avec un éventail de ressources déjà utilisées dans les cabinets des médecins de famille.

On utilise la technologie de l'information pour :

  • La prise de rendez-vous pour les patients
  • La facturation des systèmes de santé, des patients ou des tierces parties
  • L'enregistrement et l'organisation des renseignements concernant les patients, p. ex. le dossier médical électronique
  • La communication par télécopieur, téléphone ou courrier électronique
  • Les outils de bureautique de support, p. ex. traitement de texte, feuilles de calcul électronique, registres des fournisseurs ou agenda personnel pour l'organisation du temps
  • L'accès à distance aux dossiers des patients à partir d'endroits autres que le cabinet du médecin
  • L'intégration ou liens avec les outils utilisés pour soutenir les décisions cliniques, la prise en charge des maladies chroniques et le transfert des connaissances
  • L'implication de la pratique en recherche

Parmi les nouvelles utilisations de la technologie de l'information, notons :

  • L'inscription des patients dans des modèles de soins de première ligne
  • Le partage des informations concernant les patients dans les modèles élargis de soins de première ligne partagés
  • La prise en charge patients pendant une pandémie

Il est important de reconnaître que la technologie de l'information, en elle-même, est seulement un outil qui facilite la gestion de l'information. En médecine familiale, la gestion des renseignements concernant les patients n'est pas une préoccupation nouvelle. À titre de gardiens de l'information médicale enregistrée pour chacun des patients, les médecins de famille sont dans une position unique pour adopter les nouveaux moyens électroniques afin d'obtenir et de partager cette information. En retour, les autorités en matière de santé sont de plus en plus intéressées à avoir accès aux renseignements électroniques concernant les patients afin de mieux planifier les besoins de la population en termes de santé. Avec l'importance accrue accordée à la législation relative à la confidentialité et à la protection de la vie privée entourant les renseignements personnels des patients, le médecin de famille, dans son rôle de principal gardien des renseignements médicaux touchant les patients, joue un rôle central dans la création du dossier de santé électronique.

La plupart des pratiques des médecins de famille utilisent la technologie de l'information à des fins de facturation et de traitement de texte. Certaines l'utilisent aussi pour se connecter avec des systèmes de renseignements ou de laboratoire externes. Plus récemment, des médecins de famille ont manifesté un intérêt plus marqué dans l'utilisation de la technologie pour développer des dossiers médicaux électroniques. Cette adaptation a toutefois été lente et son adoption laborieuse. Selon le Sondage national 2004 auprès des médecins, seulement 14% des médecins de famille utilisent des dossiers médicaux électroniques. Néanmoins, Inforoute Santé du Canada s'est fixée comme objectif de mettre en œuvre un dossier de santé électronique (DSE) pour 50% de la population du Canada d'ici 2010. Plus récemment (janvier 2006), le Conseil canadien de la santé a déclaré que cet objectif devrait être changé pour inclure 100% des Canadiens d'ici 2010.

De nombreuses raisons peuvent expliquer la lenteur de cette progression; elles seront identifiées dans le contenu de ce document. Néanmoins, le dossier médical électronique, comme dépositaire des renseignements personnels des patients, reçoit une approbation de plus en plus marquée des praticiens qui l'utilisent, souvent avec des ressources qui font la promotion d'un meilleur accès à ces renseignements et à leur gestion. Puisque les médecins de famille sont à la recherche de meilleurs moyens plus efficaces ou efficients pour améliorer les soins aux patients et communiquer les uns avec les autres, avec le système de santé et avec leurs patients, ils deviennent de plus en plus ouverts et réceptifs à l'utilisation de la technologie de l'information.

On observe une amplification de l'ensemble des connaissances entourant les avantages qu'offre la technologie de l'information. Par exemple, la technologie de l'information a un rôle dans:

  • Le soutien aux soins dispensés par les équipes
  • La réduction du risque de duplication des investigations
  • L'amélioration de la disponibilité des dossiers dans les établissements
  • La promotion de meilleurs traitements, y compris l'utilisation plus appropriée des médicaments
  • L'assurance d'un accès plus rapide aux outils d'aide à la décision clinique (p. ex. références électroniques, lignes directrices de pratique clinique)

Il a également été démontré que la technologie de l'information améliorait l'efficience de la pratique et l'utilisation du personnel (Voir Hunt et al et Mitchell et al sous Autres ressources ci-dessous.)

L'un des obstacles les plus importants à la mise en œuvre de la technologie de l'information a été le coût de la transition que doivent assumer les pratiques familiales ou les nouveaux modèles de soins de première ligne pour aller dans cette direction. L'absence de progrès pour mobiliser les médecins de famille et les autres dispensateurs de soins de santé à utiliser des outils électroniques plus avancés peut être directement proportionnelle aux coûts qu'implique la mise en œuvre. De fait, plusieurs provinces s'efforcent d'en arriver à des ententes sur la meilleure façon de soutenir les médecins de famille dans la mise en application des nouvelles technologies, que ce soient les dossiers électroniques ou la connectivité à des laboratoires ou à des centres d'imagerie diagnostique. Un autre aspect également important en relation avec les coûts est de s'assurer que les médecins et leur personnel profitent d'un « temps protégé » rémunéré adéquatement pour couvrir la période de transition. Il est significatif que, pour le dossier de santé électronique, plus de 75 % des avantages reviennent au système de santé, y compris les gouvernements, alors que moins de 25 % reviennent au médecin[**]. En bref, les coûts continueront d'être une force de dissuasion importante contre la mise en application, sauf si les gouvernements et les autorités en matière de santé peuvent améliorer le coefficient coûts-avantages pour les médecins de famille.

L'autre obstacle qui s'avère important et qui mérite d'être mentionné dans cette vue d'ensemble est l'absence d'entente pour l'établissement de normes dans l'utilisation de la technologie de l'information entre les différentes régions et entre les provinces canadiennes. En retour, ceci a entraîné une incertitude quant à la longévité qu'auront les changements de technologie apportés à la pratique, même après avoir reçu la formation appropriée et obtenu une aide financière convenable. Les provinces qui ont résolu les obstacles de coûts et de standardisation associés à la mise en application de la technologie de l'information semblent avoir mieux réussi à attirer des médecins de famille désireux d'adopter de nouveaux systèmes.

(Voir Using IT to Make Primary Care Reform Work for You sous Autres ressources ci-dessous.)

** D. Bates, What is Primary Care Informatics? Medinfo 2004.